KiKou !Un petit clin d'oeil à Lyxie qui nous éblouit par son imagination, merci à Toi de nous faire partager ta passion pour l'écriture.
Voici ma trouvaille dans ce magazine >

de septembre/octobre 2009
Le nom de la personne qui a écrit cet article n'est pas mentionné.
Pour lire l'article en entier, faut acheter le magazine, je vous mets juste des extraits !
TWILIGHT : Les coulisses du scénarioComment passe-t-on d'un livre à un film ?
De quelle façon Melissa Rosenberg a-t-elle adapté les romans Twilight ?
Pourquoi tant de choses ont-elles changé dans le premier film ?
Eléments de réponse...Quand on est fan d'un livre, on adore l'histoire et les personnages.
Les dialogues, on les connait par coeur, ou presque.
Chaque situation, chaque chapitre est savouré jusqu'à la moelle.
Impossible d'imaginer le livre sans ce fourmillement de détails, d'histoires croisées et de personnages dotés chacun d'une vie propre.
Cette mosaïque forme un tout indissociable dans notre esprit.
C'est pourquoi on est forcément déçu lorsqu'on découvre l'adaptation qui en a été tirée pour le cinéma.
Tant de scènes disparues, tant de personnages éliminés, tant de dialogues réécrits...
Et le fan se demande : Pourquoi ? Pourquoi avoir changé ce qui fonctionnait parfaitement dans le livre ?
Si ce roman a été choisi pour devenir un film, c'est bien qu'il était réussi, non ?
Alors, pour quelle raison les réalisateurs se sentent-ils obligés de tout changer ?
... [...] ...
Les adaptateurs de romans se trouvent confrontés à une difficulté insoluble : condenser un texte parfois très long en un scénario beaucoup plus court.
C'est une simple question de minutage.
Depuis toujours, les scénarios sont formatés de sorte qu'une page correspond - à peu près - à une minute de film.
Ce standard permet à tout le monde d'avoir une idée de la durée finale du film en regardant simplement le nombre de pages.
A partir de là, l'équipe peut, par exemple, évaluer le nombre de jours de tournage nécessaires.
De fait, la majorité des scénarios font moins de 120 pages (deux heures de film) et la plupart font entre 90 et 110 pages.
Les films d'animation et les comédies, entre autres, dépassent rarement les 90 pages, ce qui donne un film d'une heure trente.
Le problème, c'est que le roman de départ peut faire 600 ou 700 pages, voire davantage encore.
600 pages, ça donne un film de... dix heures ! Hum, pas très commercial, non ?
...[...]...
Or, les romans de la saga Twilight sont longs, très longs : plus de 500 pages pour les deux premiers tomes, plus de 600 pour le troisième, et carrément 750 pour le quatrième !
Faites les comptes : pour en tirer un film de deux heures, soit 120 pages de scénario, il faut en couper les trois quarts...
...[...]...
Pour Melissa Rosenberg, la première chose à faire, c'est de lire soignement le roman.
Ensuite,sans rouvrir le livre, elle note tout ce qui l'a particulièrement marquée, les répliques les plus fortes, les passages les plus intenses, etc.
Ces passages fourniront ensuite les scènes clés du film autour desquelles l'histoire va se construire.
Partant de là, Melissa établit la structure générale :
premier acte (présentation des personnages et de la situation), deuxième acte (les difficultés surviennent),
et dernier acte (résolution des problèmes).
Il faut que les trois parties soient équilibrées en durée, et qu'elles contiennent toutes des scènes fortes.
Une fois ces scènes réparties dans la structure en trois actes, commencé à réfléchir aux scènes de transition qui vont relier ces différentes scènes clés.
A ce moment là, le scénario n'est qu'un simple jet, une sorte de résumé détaillé qui peut faire une douzaine de pages.
Lorsque ce résumé est approuvé par la réalisatrice, les producteurs et Stephenie Meyer, Melissa passe à l'écriture du scénario proprement dit.
Elle reprend tout à zéro en se servant du résumé - et du livre - pour écrire en détail toute l'histoire : les personnages sont décrits, les décors présentés, les dialogues rédigés.
Souvent, la scénariste reprend des dialogues entiers du roman, en particulier pour les scènes entre Bella et Edward.
Surtout, elle fait un gros travail d'élagage des scènes de dialogue.
Ainsi, dans le roman, la scène de la cafétériat entre les deux tourtereaux dure quasiment un chapitre entier.
C'est là que Bella questionne Edward sur sa vraie nature.
Dans le livre, le dialogue est passionnant, mais impossible de le retranscrire tel quel à l'écran : ça prendrait vinght minutes de film !
Melissa le réduit aux répliques les plus importantes afin de ramener la scène à une durée plus raisonnable.
Mais comme le dialogue original fournit d'autres informations essentielles sur les vampires, la scénariste ne peut pas faire une croix dessus : il faut que le public du film soit mis au courant, lui aussi.
Melissa répartit donc ces informations complémentaires dans le reste du film, soit par l'intermédiaire d'autres personnages, soit par les situations elles-mêmes.
Ce qui était dit en dialogue dans le roman est simplement montré.
Un travail qui nécessite beaucoup de doigté et une grande expérience.
RETIRER, MAIS AUSSI AJOUTER
Quant aux pensées de Bella, le coeur même du roman, il faut que la scénariste trouve un moyen de les illustrer autrement.
Pas question d'avoir en permanence un monologue de Bella en voix off...
Ses pensées seront représentées par le jeu d'actrice de Kristen Stewart, par les situations, et par la mis en scène de Catherine Hardwicke.
Melissa s'attache aussi à réduire le nombre de personnage, notamment les amis de Bella.
Elle ne les élimine pas, mais elle en combine plusieurs en un seul...
Cela lui permet de créer les mêmes échanges entre les personnages, mais beaucoup plus rapidement.
Autre changement, Edward sauve Bella moins souvent dans le film.
Melissa veut faire de l'héroïne une femme forte, moins dépendante de son vampire.
Elle élimine donc la scène de l'infirmerie, où Edward vient chercher Bella après son évanouissement.
Il y avait déjà assez de scènes où il débarquait pour lui sauver la mise...
Par contre, Melissa va également ajouter des scènes qui ne figurent pas dans le livre.
En particulier, elle fait intervenir les vampires nomades beaucoup plus tôt.
Leur apparition dans le dernier acte ne fonctionnait pas dans le scénario.
Ils arrivaient dont on ne sait où, comme un cheveu sur la soupe...
Melissa se pose donc la question : que faisaient-ils avant cela ?
Et c'est ainsi qu'elle imagine la série de meurtres sanglants dans la région.
Cette astuce a deux avantages : d'abord, elle permet de créer une tension croissante dès la première partie, l'idée d'un danger imminent qui va s'abattre sur Bella; et ensuite, elle accroït l'importance du père de Bella, un personnage que Melissa aime beaucoup.
Enfin, il y a les scènes que Melissa a écrites, que Catherine a filmées, mais qui s'intègrent mal dans le montage final.
Ce sont donc d'autres éléments du livre qui sont coupés du film - sans que l'adaptation ne soit en cause, cette fois.
On le voit, le processus est long et fastidieux, une suite de choix artistiques (et parfois budgétaires aussi) sans aucun garde-fou : soit les fans adorent, soit ils détestent.
Vu le succès du premier film, il semble évident que le travail de Melissa Rosenberg est une réussite.
Espérons qu'elle sera aussi inspirée pour le deuxième et le troisième opus. [FIN]
